Discours de l’Ambassadeur à l’occasion du 14 juillet [es]

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Messieurs et Mesdames

Chers amis,

Je suis heureuse de vous accueillir, ce soir, dans cette splendide bibliothèque de la Ciudadela, qui nous ouvre cette année encore ses portes avec la même générosité, pour célébrer ensemble ce 14 juillet, notre fête nationale, qui porte aussi ce message universel de liberté, égalité et fraternité, qui résonne avec la même force 225 ans après la Révolution française.

Il y a un an, ici même, notre Ministre des Affaires Etrangères, M. Laurent Fabius, avait choisi Mexico pour fêter ce 14 juillet, et témoigner de la volonté de la France de tourner la page des malentendus pour relancer avec votre grand pays, une grande relation.

La visite d’Etat du Président Hollande, en avril de cette année, à l’invitation du Président Peña Nieto s’est non seulement inscrite dans la filiation historique de celle du General De Gaulle, il y a 50 ans, mais a ouvert l’avenir en posant le cadre d’un partenariat rénové, global, réciproque.

Cette relance, il est vrai, intervient dans un contexte privilégié :
Le Mexique est sorti de son effacement : les réformes engagées, dont le degré d’ambition est sans équivalent dans la région, ainsi que l’a souligné récemment la Présidente du FMI, Madame Lagarde, servent de révélateur à son immense potentiel, suscitent la confiance sur le plan extérieur et le place dans le peloton des pays appelés de plus en plus à compter. Son intense activité diplomatique conforte son poids sur la scène internationale et son ambition d’acteur global et responsable.

La France, de son côté, après des années d’amitié un peu distanciée avec l’Amérique Latine, s’emploie à resserrer les liens avec tous les pays de la région, sans exclusive : dans ce cadre, le Mexique apparaît comme une priorité absolue. En France, il s’agit d’une politique d’Etat qui fait consensus non seulement au sein de la classe politique mais aussi au sein du monde de l’entreprise et de la société civile. C’est suffisamment rare dans notre village gaulois pour être souligné !

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Sans aucun doute, l’année qui vient de s’écouler a privilégié les retrouvailles :

-  Retrouvailles entre nos communautés universitaires avec la visite de recteurs en France en octobre 2013, qui a débouché sur le forum universitaire réalisé en marge de la visite présidentielle au Mexique ;

-  Retrouvailles entre nos communautés scientifiques avec le forum pour la science et la recherche qui s’est tenu au Mexique en juin 2013 et a permis d’identifier de nouveaux champs de coopération ;

-  Retrouvailles culturelles sous l’effet d’une concentration exceptionnelle de manifestations prestigieuses, telles l’exposition dédiée à Frida Kahlo et Diego Rivera qui a séduit plus de 220 000 visiteurs à Paris ainsi que la succession d’expositions au Mexique dédiées au patrimoine français comme l’impressionnisme au Musée Dolores Olmedo, ou la merveilleuse exposition de céramique du Louvre organisée au Musée d’Anthropologie puis à Oaxaca ; sans oublier l’art contemporain, avec la présence de Louise Bourgeois au Palais des Beaux-Arts ou Daniel Buren à Guadalajara, ou encore le cycle de photographie franco-mexicaine « Mano a Mano » qui a donné lieu à vingt expositions dans tout le pays. Désormais, nous attendons tous avec impatience la présentation, en octobre à Paris, de l’exposition consacrée à la culture maya qui fascinera, une fois de plus, le public français.

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Aujourd’hui, où en est-on ?

Nos deux Présidents ont fixé, dans la déclaration conjointe qu’ils ont signée, la feuille de route de ce partenariat qui a vocation à s’enrichir graduellement. La prochaine étape est déjà fixée au 14 juillet 2015, date à laquelle le Président Peña Nieto sera accueilli en France en visite d’Etat.

Ce partenariat bénéficie de l’apport des travaux que conduit le conseil stratégique franco-mexicain, dont je salue les membres présents ici, qui joue à la fois le rôle de conseil auprès des gouvernements et d’incubateur de projets structurants.
Il repose aussi sur un dispositif de 42 accords qui, entre autres aspects importants, placent la formation et la recherche au cœur du réacteur bilatéral.

Depuis avril dernier en effet, les dynamiques sont déjà à l’œuvre, sur des thèmes stratégiques comme la coopération spatiale, l’innovation, la protection du territoire, la couverture sociale universelle, pour ne citer que quelques exemples. Les groupes de travail sont déjà en plein travail et les visites se succèdent entre le Mexique et la France.

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Des résultats concrets sont déjà atteints avec l’installation d’un bureau européen de la UNAM au sein de la Sorbonne, l’augmentation dès cet été du nombre de jeunes mexicains partant en formation en France ou l’appui apporté par la gendarmerie française à la formation des cadres de la nouvelle gendarmerie mexicaine pour assurer la protection des citoyens dans le cadre de l’Etat de droit.
Dans le domaine économique, où nos marges de progrès sont considérables, l’objectif visant à doubler nos échanges commerciaux d’ici 2017 est réaliste, eu égard au regain d’intérêt que suscite le Mexique pour les entreprises françaises. Les succès remportés par nos entreprises cette année (commandes d’avions, contrats dans le domaine de l’énergie, investissements dans les télécommunications) illustrent la confiance mexicaine dans la technologie française.

Mais nous souhaitons aller plus loin en favorisant les investissements croisés entre nos deux pays, et l’émergence de partenariats industriels et technologiques qui participent de la montée en gamme des produits mexicains dans les chaînes de valeur mondiales car, ainsi que l’a dit le Président Hollande :

« ce qui est bon pour la croissance du Mexique, est aussi bon pour la croissance française ». Tour le dispositif français, en France comme au Mexique, est mobilisé sur ces priorités.

Enfin, l’approfondissement de notre collaboration s’exprime sur la scène internationale où la France et le Mexique partagent traditionnellement de nombreux points de vue :

-  Nous avançons ensemble dans la lutte contre le changement climatique, avec en ligne de mire la COP21, qu’accueillera Paris en novembre 2015 ;

-  Aux Nations Unies, le Mexique et la France vont co-parrainer l’initiative sur l’encadrement du droit de veto des membres du Conseil de Sécurité dans les cas d’atrocités de masse : le chemin est ardu, nous le savons, mais mérite d’être emprunté, car l’indignation impuissante mine la crédibilité du multilatéralisme. ç

-  Enfin, nous sommes heureux que le Mexique souhaite rallier la francophonie, en affirmant son rôle de pont entre le monde hispanique et celui de la francophonie, qui se retrouvent dans des valeurs communes.
L’ambassade de France ici au Mexique est évidemment un acteur engagé de cette relance tous azimuts et je tiens à rendre publiquement hommage à tous mes collaborateurs qui n’ont seulement m’ont emprunté le pas, mais ont été, chacun dans leur domaine de spécialité, des forces de proposition.

Ici, sur le terrain mexicain, nous avons concentré nos efforts pour mieux faire connaître la France d’aujourd’hui :

-  Mener une politique de communication active, utilisant les ressources de l’internet, pour créer des communautés d’intérêts franco-mexicaines par l’animation d’espaces collaboratifs : la plate-forme web « amigos de Francia » pour les anciens étudiants mexicains en France, lancée fin 2012, compte déjà plus de 4000 adhérents. Un second espace d’échanges, destiné aux chercheurs de nos deux pays, et monté avec le CONACYT, sera opérationnel en septembre. Et nous lancerons la semaine prochaine, à la Résidence de France, la première offre de cours de français en ligne disponible dans tout le pays, élaborée par les enseignants de l’IFAL, pour faciliter l’accès à notre langue à des publics qui en étaient jusqu’ici écartés.

-  Renforcer nos liens avec les Etats et villes de la fédération a été une priorité pour l’« équipe de France ». L’accueil que nous y avons reçu des autorités fédérales et municipales a révélé des gisements d’opportunités économiques et un désir de coopérer plus intensément avec la France. J’en veux pour exemple la récente semaine française à Puebla où, grâce à l’engagement du Président municipal et du Gouverneur, la France a été mise à l’honneur pendant sept jours, dans le cadre d’un programme qui a associé des manifestations de toute nature à des rencontres professionnelles et universitaires.

-  Enfin, faire vivre ce dialogue culturel qui a toujours été la trame de nos relations. A côté de ces opérations prestigieuses, mais éphémères, l’ambassade mène un travail de fond visant à entretenir le dialogue entre jeunes artistes et professionnels, cette génération porte-parole de la diversité culturelle que nous promouvons ensemble.

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Tout ceci résonne un peu comme un bilan, et c’en est un, puisque ce 14 juillet est aussi l’occasion de vous dire au revoir puisque dans quelques semaines, je rejoindrai un autre poste à Paris. C’est avec tristesse que je cesse mes fonctions ici mais aussi avec la fierté d’avoir contribué, avec enthousiasme et engagement à cette relance si nécessaire des relations entre nos deux pays, qui répond profondément aux aspirations de nos deux sociétés.

Je voudrais remercier mes collaborateurs, qui ont travaillé d’arrache-pied cette année, remercier aussi tous les artisans de la relation franco-mexicaine, ceux de toujours comme ceux qui les ont rejoints pour le travail que nous avons conduit ensemble, en particulier nos collègues du Ministère des Affaires Etrangères mexicain.

Merci à tous pour la confiance que vous m’avez accordée. Je voudrais aussi, en ce jour où nous célébrons la prise de la Bastille, exprimer mon admiration et ma solidarité à tous ceux et celles qui œuvrent ici au renforcement de la justice et des droits de l’homme qui sont, nous en faisons aussi l’expérience dans nos vieilles démocraties, des valeurs fragiles et jamais complètement acquises.
Et puis, à titre personnel, je voudrais vous dire combien j’ai vécu ce séjour ici comme un privilège.

Votre pays est un éblouissement, une ode à la beauté partout présente, dans les paysages, le patrimoine de vos sites historiques et de vos villes, l’exubérance de votre art populaire, la prévenance de ses habitants. Votre pays est aussi une énigme difficile à déchiffrer tant il est contrasté, paradoxal, excessif, rétif à rentrer dans le rang de la rationalité. Votre pays est également, et je me fais l’écho de tous les français que j’ai rencontrés, le pays de tous les possibles : je forme le vœu que demain, il soit le pays de tous les possibles pour tous les mexicains.

Pour Yves et moi, il restera aussi celui des rencontres et de la naissance de vraies amitiés. Par conséquent, vous l’avez compris, ce soir, ce n’est pas le temps des adieux, mais juste d’un au revoir ! Et nous avons voulu que ce 14 juillet, à côté de son aspect solennel, soit aussi une fête que nous partageons ensemble. Merci à tous ceux qui nous ont parrainés et appuyés pour l’organisation de la cérémonie.
Vive la France, vive le Mexique, vive l’amitié franco-mexicaine !

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Dernière modification : 21/08/2014

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