Un accord ambitieux lors de la COP21 est nécessaire : Ambassadrice [es]

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Mexique, le 7 octobre 2015

En vue de la COP 21 qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre, l’Ambassadrice de France au Mexique, Maryse Bossière, a déclaré qu’il était nécessaire de donner un élan politique à cet événement afin de parvenir à l’adoption d’un accord ambitieux, universel et juridiquement contraignant.

Dans le cadre du Séminaire « Le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes, face au changement climatique, vers la COP21 », qui s’est déroulé au sein de l’Institut français d’Amérique Latine (IFAL), Maryse Bossière a indiqué qu’à ce jour, 119 contributions représentant 147 pays - sur les 196 de la Convention cadre des Nations Unies - ont été présentées. Ces 147 pays émettent 85% des gaz à effet de serre.

« Jamais autant de pays ne s’étaient engagés. C’est un signe très important, un plébiscite en faveur de l’adoption à Paris, d’un accord universel sur le climat », a souligné l’ambassadrice lors de son discours inaugurant l’évènement, auquel ont également participé le sous-secrétaire à la Planification et à la Politique Environnementale du Ministère de l’Environnement mexicain (SEMARNAT), Rodolfo Lacy Tamayo ; le responsable de la division du développement durable et des établissements humains de la Commission Économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), Luis Miguel Galindo, ainsi que l’Ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne au Mexique, Andrew Standley.

Maryse Bossière a annoncé que cette première série de contributions ne permettra pas de limiter la hausse des températures à 2 degrés d’ici à 2100.

« L’accord de Paris devrait contenir les dispositions permettant de revoir à la hausse, et dans la durée, les ambitions de tous les pays, sans faire marche arrière […]. Nous allons dans la bonne direction : un accord semble naitre concernant l’idée de fixer des rendez-vous tous les cinq ans pour revoir à la hausse les ambitions », a t-elle souligné.

L’Ambassadrice a également indiqué que la France était l’un des pays qui finançait le plus la lutte contre le changement climatique, avec une aide particulière envers les pays les plus pauvres et les plus vulnérables.

« L’année dernière, nous avons annoncé une contribution significative d’un milliard d’euros au Fonds Vert pour le Climat. Cette année, le président de la République a annoncé, au sein de l’Assemblée Générale des Nations Unies, que la France augmentera de 2 milliards d’euros les fonds qu’elle destine au climat à l’horizon 2020 », a déclaré Maryse Bossière.

Elle a ajouté qu’en 2020, la France consacrera plus de 5 milliards d’euros chaque année à la lutte contre le changement climatique.

Durant son intervention, le sous-secrétaire de la SEMARNAT, Rodolfo Lacy, a informé de l’avancée des négociations internationales – actuellement en cours – afin de parvenir à un accord contraignant à Paris.

« Dans le cadre de la négociation de l’accord de Paris, les participants ont évoqué la possibilité que l’accord soit progressif et qu’il soit revu tous les 5 ou 10 ans. Le Mexique et l’Union Européenne sont favorables à sa révision tous les 5 ans. »

Lacy Tamayo a également ajouté qu’il était prévu que les thèmes de l’adaptation et de la gestion des catastrophes soient intégrés à l’accord.

« L’adaptation au changement climatique représente l’autre aspect important de cet accord. Bien qu’il soit difficile d’imaginer que le Mexique soit un pays vulnérable et hautement sensible aux changements climatiques, tous les pays n’ont pas pensé que l’adaptation devait faire partie de l’accord. Nous sommes parvenus à ce que le thème de l’adaptation apparaisse finalement dans le texte”, a-t-il informé. Lacy Tamayo a également souligné que grâce à la France, toutes les parties étaient incluses, notamment le secteur privé et le secteur financier.

Le représentant de la CEPAL, Luis Miguel Galindo, a par la suite souligné que la conférence qui aura lieu à Paris représentera une grande opportunité afin de trouver des solutions au changement climatique et d’amener peu à peu les pays vers le développement durable.

« Pour la CEPAL, c’est une décision stratégique d’appuyer la négociation, d’obtenir un accord qui reconnaisse les responsabilités historiques et communes de ce phénomène climatique et qui permette aux pays d’Amérique latine d’avancer dans le développement durable, où les thèmes économiques, sociaux et environnementaux ont la même importance ", a affirmé Luis Miguel Galindo.

L’Ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne au Mexique, Andrew Standley a affirmé que la COP21 devait être un succès et devait représenter un grand pas dans la lutte contre le changement climatique : « Même si nous finissons par obtenir un accord à Paris afin de réduire les émissions à effet de serre, nous serons au début d’un long chemin vers un modèle économique et social durable et respectueux de l’environnement ».

Il a par ailleurs indiqué que le Mexique a été le premier pays émergent à présenter sa contribution et qu’il était un allié privilégié de l’Union européenne.

L’Ambassadeur Standley a rappelé que l’Union européenne s’est engagée à réduire de 40% d’ici à 2030, les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990.

Il a également assuré que l’Union européenne a prouvé qu’il était possible d’augmenter sa croissance économique tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre : « notre croissance économique a augmenté de 43 % entre 1990 et 2013 alors que nos émissions de gaz ont été réduites de 19 % ».

Le séminaire organisé par l’Ambassade de la France, en partenariat avec la Délégation de l’Union européenne, l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Institut de Recherche et de Développement (IRD), réunit pendant 2 jours des experts, des représentants d’organisations non gouvernementales et des entrepreneurs.

Dernière modification : 08/10/2015

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