Pour comprendre tous les aspects des relations entre la France et le Mexique, il faut tenir compte du fait qu’elles passent par le cadre européen et les relations qu’entretient le Mexique avec l’Union européenne (UE).
L’UE est une union politique régionale comptant aujourd’hui 27 Etats indépendants, qui ont délégué l’exercice de certaines compétences à des institutions communes. C’est pourquoi la France, en tant qu’Etat membre de l’UE, est liée aux politiques menées par cette instance en direction de l’extérieur, et notamment celles visant le Mexique et l’Amérique latine.
Le Traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur au 1er décembre 2009, renforce ce cadre en matière de politique étrangère. Il apporte davantage de cohérence, d’unité et de visibilité à l’UE sur la scène internationale, en la dotant, outre de la personnalité juridique, d’un Président du Conseil européen, d’un Haut Représentant pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité, et d’un service diplomatique européen.
Le 19 novembre 2009, les Etats européens ont désigné le belge Herman Van Rompuy Président du Conseil européen et la britannique Catherine Ashton of Upholland Haute Représentante pour les Affaires Etrangères.
L’UE et le Mexique entretiennent depuis 1960 des relations suivies qui se sont constamment consolidées et enrichies. Aujourd’hui, elles s’inscrivent dans un cadre constitué de deux accords majeurs : l’Accord de partenariat économique, de coordination politique et de coopération, ou Accord global, et le Partenariat stratégique UE-Mexique.
L’Accord de partenariat économique, de coordination politique et de coopération, ou Accord global
Cet accord, signé en 1997 et entré en vigueur en 2000, a fait du Mexique un partenaire privilégié de l’UE. Les piliers de cet accord sont :
Un dialogue politique renforcé, basé sur les principes démocratiques et le respect des Droits de l’Homme, valeurs partagées par le Mexique et l’UE. Cet accord institutionnalise le dialogue politique de haut niveau, au sein de Sommets biennaux de Chefs d’Etat, du Conseil conjoint au niveau ministériel, et du Comité conjoint au niveau de hauts fonctionnaires.
Une libéralisation des échanges, notamment dans le cadre du TLCUEM (Traité de Libre Commerce entre l’Union européenne et le Mexique) qui a permis une intensification importante de la relation commerciale : le Mexique est devenu l’un des principaux partenaires commerciaux de l’UE en Amérique latine, et l’UE s’est hissée au deuxième rang des partenaires commerciaux du Mexique, derrière les Etats-Unis.
Un renforcement de la coopération : l’UE a engagé 55 millions d’euros sur la période 2007-2013 dans trois secteurs principaux : cohésion sociale et bonne gouvernance, développement économique et compétitivité, culture et éducation. Ces projets peuvent relever de la coopération bilatérale, comme ceux touchant la cohésion sociale ou le développement économique, ou de programmes régionaux à destination de plusieurs pays d’Amérique latine, notamment Erasmus Mundus pour le domaine universitaire, ou AL-Invest pour le développement économique.
A partir de l’entrée en vigueur de l’Accord global, le Mexique et l’UE ont fortement intensifié leur dialogue sur une grande diversité de thèmes et se sont mis d’accord sur la nécessité d’aller plus loin et d’établir un cadre de coopération plus ambitieux.
Le Partenariat stratégique
Le principe d’établissement du Partenariat stratégique a été annoncé lors du IVème Sommet Union européenne-Mexique de Lima en mai 2008 et reconnaît le Mexique comme un acteur international de premier plan.
La France, qui a exercé la Présidence de l’Union européenne du 1er juillet au 31 décembre 2008 a joué un rôle important dans l’avancée des discussions et c’est durant cette période que le Partenariat stratégique a été finalisé. Le Mexique et l’UE élaborent actuellement un Plan d’Action qui précisera les modalités de sa mise en oeuvre. Les avancées devraient être connues lors du prochain Sommet UE-Mexique qui aura lieu au printemps 2010 en Espagne.
En proposant un cadre politique de dialogue renforcé, ce Partenariat stratégique apporte une meilleure coordination sur les questions aussi bien mondiales que régionales ou bilatérales, qui recouvriront plusieurs aspects :
Politique : multilatéralisme, démocratie, Droits de l’Homme, Etat de Droit, dialogue culturel, Amérique latine, intégration régionale, Groupe de Rio ;
Sécurité : lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogues et la traite des personnes ;
Environnement : catastrophes naturelles, lutte contre la surexploitation des ressources marines et contre le changement climatique, cette dernière étant devenue un axe majeur de la coopération Mexique-UE ;
Economie : politique de développement, investissement et responsabilité sociale, innovation et droits de la propriété intellectuelle, politiques sociales, migration, pauvreté, stabilité macro-financière, bonne gouvernance dans le domaine fiscal, sécurité énergétique, sécurité alimentaire, etc.
La fréquence et la qualité des visites officielles témoignent des bonnes relations qu’entretiennent l’UE et le Mexique aujourd’hui.
On peut citer la seconde visite en Europe du Président Calderón en juin 2007, durant laquelle il a rencontré à Bruxelles le Président du Parlement européen, le Président de la Commission européenne, ainsi que le Haut-Représentant pour la Politique Etrangère et de Sécurité Commune.
On notera également les visites de ces derniers et de plusieurs Commissaires européens en 2007 et 2008.
On citera finalement la visite au Mexique de la Commissaire européenne aux Relations Extérieures, en juillet 2009, durant laquelle elle a discuté avec Felipe Calderón d’une aide européenne pour la lutte contre le trafic de drogue, et annoncé le lancement officiel d’un Fonds culturel UE-Mexique, programme de coopération de 5.6 millions d’euros.
