Mexico, le 10 décembre 2008
Suite à une invitation de l’Ambassade de France à Mexico et du Premier Festival international du film consacré aux Droits de l’homme, le 60ème anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme a été célébré ce soir, ce qui a permis de réaffirmer les efforts du Mexique, de la France et de l’Union européenne afin que ces droits deviennent une réalité.

En présence de représentants des autorités mexicaines, des organismes internationaux, de l’Union européenne ainsi que de la société civile, réunis à la Casa de Francia, le Premier Conseiller de l’Ambassade de France, Jean-Baptiste Chauvin, a inauguré l’exposition « A l’épreuve du monde », où sont réunies des photos qui illustrent chaque article de la Déclaration, et a dévoilé une plaque commémorative reproduisant le texte de cette Déclaration.

M. Chauvin a remercié également la Fondation Cinépolis d’avoir choisi la France en qualité de partenaire pour l’organisation de son Premier Festival international du film consacré aux Droits de l’homme, au cours duquel sept documentaires français ont été projetés.
Le Premier Conseiller a saisi cette occasion pour faire la présentation du livre édité par le Ministère français des Affaires extérieures et européennes La France et la Déclaration universelle des Droits de l’homme, qui permet de connaître les circonstances de la rédaction de ce texte et l’apport du grand juriste français René Cassin.

« Je suis évidemment fier d’appartenir à un pays qui, en 1789, a posé ce principe universel : ‘Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ’ », a-t-il dit. « Mais, en même temps, je suis convaincu que les Droits de l’homme ‘n’appartiennent pas’ à un pays ou à un groupe de pays car la valeur de ces droits tient à leur caractère universel ».
Le Premier Conseiller a souligné qu’il y a encore beaucoup à faire pour que les Droits de l’homme, tels qu’ils sont définis dans la Déclaration universelle, soient respectés dans le monde entier. Mais il a également mentionné les progrès accomplis en la matière depuis sa signature en 1948, notamment la création des cours de justice en Europe et en Amérique latine - permettant le droit de pétition individuelle - ou la mise en œuvre d’une Cour pénale internationale à la Haye et d’un Conseil des Droits de l’homme à Genève.
« Sur tous ces thèmes, nous avons la confiance de pouvoir compter sur le Mexique en tant que partenaire. Ce pays a joué un rôle éminent dans la création du Conseil des Droits de l’homme, dont le premier président, en 2006, a été mexicain » a-t-il dit.
Il a salué les efforts du Mexique en la matière, et pour souligner cette reconnaissance, il a félicité le « Centro Miguel Agustín Pro Juárez » des Droits de l’homme, qui s’est vu décerner une mention spéciale en 2008, dans le cadre du Prix de Droits de l’homme à des ONGs étrangères, conféré par la République française tous les ans.

Pour davantage d’information, visitez le site : http://www.ambafrance-mx.org
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Inaugurée le dimanche 7 décembre au Zocalo de Mexico, cette exposition se présente aussi à la Casa de Francia du 10 au 17 décembre. Elle présente de photographies réalisées par des reporters de renommée internationale de l’agence VII, parmi lesquels James Natchwey, Alexandra Boulat et John Stanmeyer, qui illustrent de manière émouvante la difficulté d’un monde qui met chaque jour à l’épreuve cette Déclaration Universelle des Droits de l’homme.
Le Cas Pinochet de Patricio Guzmàn
Chili - France - Belgique - Espagne/2001/vidéo/110’ En 1998, le général Pinochet se rend à Londres pour un voyage d’agrément. Il y restera plus de 500 jours, arrêté à la demande du juge espagnol Balthazar Garzon, il est assigné à résidence. Patricio Guzman, d’origine chilienne, se trouve à Paris à ce moment-là et très vite naît le projet d’un documentaire autour de ce fait unique dans l’histoire : un dictateur est inquiété par la justice internationale 25 ans après sa prise de pouvoir. Patricio Guzman réalise un film où l’on creuse beaucoup : la terre sèche du Chili tout d’abord, pour tenter de retrouver des traces des disparus que le régime continue à nier. On creuse aussi les mémoires de ceux qui ont survécu aux tortures innommables des geôles chiliennes. On creuse pour tâcher de comprendre les raisons profondes qui ont pu mener à cet évènement.
De guerre lasses de Laurent Bécue-Renard
France / 2003 / 35 mm / 98’ À Srebrenica, quelque 7 000 hommes ont disparu le 12 juillet 1995, victimes de l’armée. Épouses, mères, sœurs, cherchent inlassablement, s’interrogent et restent dans une souffrance et un silence sans fin. L’association Vive Zene s’est donnée pour mission d’accueillir ces femmes de Bosnie en quête de leur vie. Pendant un an, le réalisateur a suivi le travail de cette association. Un témoignage de la difficile reconstruction de leurs existences et de leur dignité.
Invente-moi un pays de Catalina Villar
France/2005/vidéo/58’ Catalina Villar a proposé à des enfants apprenant à vivre en exil en France de faire un film avec eux : un court métrage de fiction, dont le processus de fabrication deviendrait la matière d’un film documentaire. Ils ont entre 8 et 12 ans. Ils vivent tous dans un CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) à Melun. Ils ont quitté un pays en guerre ou une situation de répression extrême. Ensemble ils s’accordent à raconter l’histoire d’un enfant qui vit dans un pays lointain et qui a dû le quitter. Cet enfant fait un long voyage et arrive enfin en France où il doit commencer une nouvelle vie. Ce récit est en quelque sorte leur propre histoire. L’atelier de cinéma devient ainsi un lieu de parole pour ces enfants qui évoquent leurs souvenirs parfois enfouis, engagent toutes sortes de discussions sur le racisme ou la religion, partagent leur expérience de la France…
Les Petits soldats de François Margolin
France/2004/vidéo/84’ Après 14 ans de guerre civile, le Libéria est un pays dévasté où vivent sans contrôle des bandes d’enfants soldats. Ils ont entre 9 et 17 ans. Il y a des garçons et des filles. Pour la première fois, ils racontent ce qu’ils ont vécu et subi. Ils parlent en détail des faits de guerre et de leurs histoires, enlèvements, pillages, meurtres, exactions, viols… mais aussi de leurs espoirs d’enfants : revoir leurs parents, aller à l’école. François Margolin pose des questions directes à ces jeunes enfants embrigadés, aux surnoms guerriers, qui se disent les « rebelles barbares » en lutte contre le gouvernement. Dans les groupes des ONG et MSF à Monrovia, des enfants réfugiés, ex-combattants du LURD, trouvent les mots pour dire l’horreur des crimes et la culpabilité et, pour tous, le désir d’un retour à une vie normale.
S21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh
France/2002/35 mm/105’ Sous Pol Pot et le régime khmère rouge, entre 1974 et 1979, près de 20 000 personnes sont internées, interrogées, torturées puis exécutées au centre de détention et de torture au cœur de Phnom Penh, S21. Rithy Panh tente de comprendre comment le parti communiste du Kampuchea démocratique a organisé et mis en œuvre sa politique d’élimination systématique. Pendant près de trois ans, le réalisateur a entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés (sept survivants), mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux. Il a convaincu les uns et les autres de revenir confronter ensemble leurs témoignages dans le lieux même du centre, reconverti en musée du génocide. Confrontant bourreaux et victimes, Rithy Panh mène une réflexion bouleversante sur la mécanique totalitaire.
Terres d’asile d’Axel Clévenot
France/1995/vidéo/3 X 52’ L’exil et l’asile font partie des mythes fondateurs de nos civilisations. Depuis deux siècles, les règles du droit d’asile ont modifié le sort de ceux qui sont venus frapper aux portes de l’Europe, de sorte qu’en 1951, de nombreux pays ont adopté la Convention de Genève qui régit le statut des réfugiés : construit en trois parties, le film raconte l’histoire du droit d’asile en Europe, du XIXème siècle à nos jours.
Un coupable idéal de Jean-Xavier de Lestrade
France/2001/vidéo/115’ Floride, USA, 7 mai 2000. À Jacksonville, une touriste blanche est tuée d’une balle dans la tête. Deux heures plus tard, Brenton Butler, un jeune noir de 15 ans, est arrêté. Formellement identifié par le mari de la victime, il signe des aveux. Tout l’accuse et, pour les enquêteurs et les médias, c’est l’histoire tristement banale d’un adolescent qui devient « un coupable idéal ». Reprenant l’enquête, ses avocats Patrick Mac Guinness et Ann Finnell découvrent des éléments troublants qui remettent en cause les conclusions de la police, et notamment l’extorsion d’aveux par la violence.
[Ce livre] met en relief le lien existant entre la France et la Déclaration universelle des Droits de l’homme, mai étant donné ce lien unique – qui est certes un motif de fierté, nous sommes également, sans doute davantage que les autres pays, et de manière permanente, responsables de l’action de notre pays dans le domaine du respect des Droits de l’Homme, et pas uniquement au travers de sa diplomatie. Se proclamer « le pays des Droits de l’homme » demande une grande exigence et une grand humilité car notre texte fondateur de 1879 a été enrichi des source externes, depuis la Grande Charte (Magna Carta )de 1215 jusqu’à la Declaration of the thirteen United States of America de 1776.
L’exigence consiste aussi à être conscients, avec lucidité, du chemin qu’il reste encore à faire pour faire progresser la cause des Droits de l’homme.
Extait du prologue de Bernard Kouchner, Ministre des Affaires extérieures et européennes, et de Rama Yade, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et Droits de l’homme.
