Mexico, 3 novembre 2010
Dans le cadre du cycle de conférences “Les mercredi de débat sur le changement climatique”, organisé en octobre et novembre à la Résidence de France, l’Ambassade de France au Mexique a invité le 27 octobre l’Ambassadeur Juan Manuel Gómez Robledo, Vice-ministre des Affaires Multilatérales et des Droits de l’Homme du ministère des Relations Extérieures, à présenter les avancées des négociations de la COP 16, ainsi que cinq spécialistes, à débattre sur le thème “Transport aérien et changement climatique”.

Comme introduction au débat, l’Ambassadeur de France au Mexique, M. Daniel Parfait, a salué le “rôle fondamental du ministère des Relations Extérieures dans l’organisation du sommet de Cancun”. Abordant le thème de l’engagement du secteur aérien dans la lutte contre le changement climatique, l’Ambassadeur a souligné l’action “déterminante de la présidence mexicaine du conseil de l’OACI (Organisation de l’Aviation Civil Internationale)”, dirigée par le Mexicain Roberto Kobeh González depuis août 2006.
Le Vice-ministre Gómez Robledo a présenté l’état des négociations et, après avoir signalé les nombreux points d’accord de la France et du Mexique dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, a indiqué que le Mexique a mené une activité diplomatique intense pour “reconstruire la confiance entre les parties et la crédibilité du processus de négociation”.
M. Gómez Robledo a souligné que la lutte contre le changement climatique est un “projet de gouvernement” et que Felipe Calderón en a fait “le thème central de ses rencontres bilatérales”, rappelant la proposition du gouvernement mexicain de créer un “Fond vert”, basé sur le principe de “responsabilité commune mais différenciée”. Il a estimé qu’il n’était pas possible de responsabiliser de la même manière des pays qui n’ont pas la même taille, la même population et le même niveau de développement, car “le changement climatique n’est pas seulement un thème environnemental, il s’agit réellement d’un thème de développement”.

Le Vice-ministre a estimé que Cancun peut constituer une étape fondamentale pour arriver à un accord juridique contraignant, expliquant que ce que le gouvernement mexicain s’est engagé à faire adopter en décembre est “un paquet équilibré de décisions”, qui inclue différents éléments fondamentaux :
Le Vice-ministre a finalement déclaré que, face à l’incertitude concernant le Protocole de Kyoto, sa prorogation pourrait être une option.

M. Jérome Salemi, Directeur Général d’Air France KLM Mexico, a ouvert le thème “Transport aérien et changement climatique”, en indiquant que la participation du secteur du transport aérien représentait 2% des émissions mondiales de CO². M. Salemi a indiqué que son entreprise a atteint les principaux objectifs qu’elle s’était fixés pour 2012 : réduire les émissions de CO² de 5% par rapport à 2005 pour les vols domestiques et de 20% pour les vols entre la France et les Antilles Françaises. Il a précisé que le groupe a défini de nouveaux objectifs pour les années à venir, notamment celui d’atteindre une consommation de 3,7 litres/passager/100 km d’ici 2012, une proportion de 60% de véhicules électriques en 2020, et d’optimiser l’espace aérien – à travers la participation au programme SESAR (Ciel unique européen d’investigation ATM) de la Commission Européenne. Au-delà de ces mesures, M. Salemi a estimé que le développement des carburants alternatifs serait “le facteur décisif” pour atteindre l’objectif déterminé par l’Association du Transport Aérien International (IATA en anglais) et l’OACI de réduire d’ici 2050 les émissions de CO² du secteur aérien de 50% par rapport à 2005. Il a ajouté que la mise en service de l’Airbus A380, l’avion le plus silencieux et le plus respectueux de l’environnement dans sa catégorie, était envisagé pour les vols entre Paris et Mexico.
Pour sa part, M. Stéphane Lauret, Président Mexique et Amérique Centrale de SAFRAN, a relevé l’engagement du groupe à contribuer à l’accomplissement des objectifs fixés par ACARE (Advisory Council for Aeronautics Research in Europe) pour 2020 : la réduction des émissions de CO² de 50%, d’azote de 80% et du bruit de 50% des avions par rapport à l’année 2000. Il a aussi indiqué que Turbomeca Safran, leader mondial en matière de turbines d’hélicoptères, a déjà atteint son objectif de réduire de 30% la consommation de ses modèles au cours des 30 dernières années. Après avoir mentionné que SAFRAN consacre 70% de son budget Recherche et Développement à la réduction de l’impact du transport aérien sur l’environnement, M. Lauret a souligné que 11 entreprises du groupe travaillent actuellement à l’élaboration d’avions électriques et a présenté le projet de biocombustibles de seconde génération qui se concrétise actuellement au Mexique, où le groupe est le premier employeur du secteur aéronautique, avec 3 000 employés.

Enfin, M. Miguel Angel Gutiérrez Fernández, Directeur Général d’Alas del Hombre, et M. José Anaya, Directeur des gaz spéciaux de PRAXAIR Mexico, ont présenté le Projet Cuauhtli, premier avion ultraléger propulsé à l’hydrogène. M. Anaya a expliqué le fonctionnement du moteur à hydrogène, tandis que M. Gutiérrez Fernández a présenté le vol que l’avion ultraléger réalisera en décembre, dans le cadre de la COP 16. Ce vol, qu’il a qualifié d’« historique » dans la mesure où il s’agit du premier vol d’un avion de cette catégorie en Amérique, aura lieu entre l’île de Cozumel et Playa del Carmen, sur une distance de 20 km, ce qui représente 30 minutes.
M. Gilberto López Meyer, Directeur Général d’Aéroports et Services Associés, modérateur de cette conférence, a pour sa part souligné que “l’aviation civile doit être organisée en fonction des objectifs fixés en matière de changement climatique”.
A l’issue de la conférence, il a été annoncé au public que la prochaine conférence, “Forêts et changement climatique”, aurait lieu le 3 novembre.
