
Paris, 11 février 2011
Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :
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MEXIQUE - FLORENCE CASSEZ
Q - A quelles manifestations de l’année du Mexique en France le ministre d’Etat a-t-elle décidé de ne pas se rendre ?
R - Mme Alliot-Marie a été très claire lors de son intervention ce matin dans « Les 4 Vérités » sur France 2. L’ambassadeur du Mexique a été convoqué au Quai d’Orsay, l’entretien vient de s’achever. Mme Alliot-Marie devrait recevoir dans le courant de la journée l’avocat de Florence Cassez. La famille de notre compatriote sera reçue par le président de la République lundi.
Q - Pouvez-vous nous donner des détails sur cette réunion avec l’ambassadeur du Mexique à Paris ?
R - Le ministre d’Etat a rappelé à l’ambassadeur du Mexique combien les autorités françaises et l’opinion publique avaient été choquées par cette décision de la justice mexicaine.
D’abord parce que le processus de l’amparo est l’équivalent mexicain de la cassation, et c’est une étape du processus judiciaire dans lequel un certain nombre d’irrégularités de procédures ou d’erreurs judiciaires devaient être rectifiées ou corrigées par le tribunal mexicain. Cela n’a pas été fait.
La deuxième raison, c’est que les éléments fondamentaux de droit ou de fait qui ont été soulevés par la défense de Florence Cassez n’ont pas été pris en compte comme ils auraient du l’être dans un Etat de droit.
La troisième raison, c’est qu’au cours des derniers mois, nous avions relevés, parce qu’ils commençaient à arriver à la lumière, un certain nombre d’éléments qui tendaient à montrer effectivement que le traitement judiciaire de cette affaire ne correspondait pas à ce que l’on peut attendre du respect de l’Etat de droit dans un pays comme le Mexique.
Je pense en particulier à l’absence d’enquête policière digne de ce nom, à la violation de la présomption d’innocence, au montage policier visant à charger notre compatriote. Je pense également à la prise en compte systématique des témoins à charge alors que les témoins de la défense n’étaient pas présentés ou entendus par la justice. Je pense également à des incohérences et des actes d’intimidation.
Enfin, vous vous en souvenez, nous l’avions dit puisque nous avions officiellement présenté un mémoire aux autorités mexicaines, les droits consulaires de Florence Cassez avaient été violés au tout début de l’affaire, dans les premières heures, les premiers jours.
Nous pensions qu’avec l’amparo, tout cet historique d’irrégularités et d’interrogations pouvait être effectivement corrigé par la justice mexicaine. Cela n’a pas été le cas.
C’est tout cela que Michèle Alliot-Marie a rappelé à l’ambassadeur du Mexique. Elle a rappelé aussi combien dans ces circonstances nous avions particulièrement relevé et apprécié la mobilisation croissante observée au cours des derniers mois de certains secteurs d’opinion au Mexique. Je pense en particulier à l’Eglise mexicaine, à des personnalités politiques ou intellectuelles, à un certain nombre de milieux associatifs qui ont commencé à se mobiliser pour que véritablement, la vérité apparaisse dans l’affaire Florence Cassez. Ce mouvement d’un secteur croissant de la société mexicaine a été particulièrement utile à la vérité et apprécié par la France.
Q - La ministre a dit hier que cette affaire va peser sur les relations bilatérales entre la France et le Mexique. De quelle façon ?
R - Elle l’a redit à l’ambassadeur du Mexique. Il est évident que devant une telle situation, l’Etat de droit ayant été tellement malmené par la justice mexicaine dans cette affaire, cela ne sera pas neutre sur les relations entre la France et le Mexique.
En ce qui nous concerne, naturellement, nous allons être à l’écoute de la famille, de l’avocat et accompagner les actions judiciaires que les uns et les autres pourront entreprendre.
Q - La famille demande l’annulation de l’année du Mexique en France. Qu’est-ce que vous lui répondez ?
R - Je pense que c’est le président de la République qui leur répondra lundi.
Q - Quel est l’avis de la ministre à ce sujet ?
R - Nous allons d’abord en parler avec la famille. Je pense que nous allons laisser le président de la République d’abord les rencontrer. En ce qui la concerne, la ministre s’est exprimée très clairement ce matin à la télévision, sur France 2, disant qu’elle n’irait pas à ces manifestations. A la question « faut-il annuler cette manifestation ? », elle a ainsi répondu « il ne s’agit pas de l’annuler en soi mais il est évident que je ne participerai à aucune de ces manifestations. Je pense que ces manifestations seront aussi peut-être l’occasion pour des Français d’exprimer ce qu’ils pensent de la situation ».
Q - Est-ce que l’ambassadeur a apporté plus d’éléments sur l’enquête ou sur la décision de la justice mexicaine ?
R - Je laisse le soin à l’ambassadeur du Mexique de répondre à votre question.
