
L’Ambassadeur de France au Mexique, Alain Le Gourrierec, a remis le jeudi 15 novembre à la Résidence de France, les insignes de Chevalier des Arts et les Lettres à M. Alejandro Ramirez, Directeur général de Cinépolis.

Par cette décoration, le gouvernement français salue et remercie un grand ami de la France, défenseur actif de la diversité culturelle, pour son travail dans la distribution cinématographique et son investissement dans la lutte contre la pauvreté et les discriminations.

Discours de l’Ambassadeur de France au Mexique,
Alain Le Gourrierec
Chers amis,
Cher Alejandro,
Nous sommes réunis ce soir pour un événement à la fois amical et formel.
Formel parce que la République française veut, par la décoration de Chevaler des Arts et des Lettres, rendre hommage à Alejandro Ramírez
Il convient de souligner que cette décoration distingue les services exceptionnels réalisés par des personnalités, amies de la France, dans le domaine de la culture.
Je voudrais mentionner les motifs pour lesquels le Gouvernement français a décidé de distinguer Alejandro Ramírez.
La carrière professionnelle d’Alejandro n’a pas uniquement été rapide et brillante, mais également polyvalente.
Diplômé d’une maîtrise d’économie et de masters obtenus auprès des universités de Harvard et d’Oxford, Alejandro prépare actuellement un doctorat à l’Université de Cambridge.
Au sein de la Banque mondiale, vous avez réalisé une étude sur « la pauvreté, le développement humain et les peuples indigènes », publiée en 2005.
Vous avez également été Conseiller auprès des institutions aussi prestigieuses que la Banque Mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Vous possédez aussi une expérience en diplomatie multilatérale, avec le poste de représentant du Mexique auprès de l’OCDE que vous avez occupé. Cette mission, dont vous avez gardé des anecdotes révélatrices des méthodes de négociation internationale, vous a permis de découvrir Paris…
Mais en réalité, vous n’avez jamais pu vous éloigner de votre terre natale, le Michoacán, ni de votre famille. C’est ainsi que vous avez pris les rennes de la grande société internationale qu’est devenue aujourd’hui Cinépolis. C’est assez rare qu’un pays émergent se caractérise pour avoir des sociétés de taille internationale. Le Mexique le fait avec succès chaque jour un peu plus. Et c’est justement le cas de Cinépolis, cinquième groupe mondial de distribution des films, avec plus de 1.600 salles au Mexique mais également une forte présence au Panama, au Salvador, au Costa Rica, au Guatemala, en Colombie et de grands projets au Brésil. Et si je ne me trompe pas – mais c’est peut-être un secret – avec des ambitions en Inde.
Il est vrai que par son concept, Cinépolis a toujours été précurseur, notamment par sa qualité d’offre et par ses investissements dans les nouvelles technologies.
Mais au-delà de ces nombreux succès, nous voulons rendre un hommage à Alejandro, dans toutes ses facettes.
Celui de l’entrepreneur à succès, à l’engagement social très fort. En effet, Alejandro fait partie de la « nouvelle vague » d’hommes d’affaires qui voient au-delà des bénéfices de leurs entreprises et construisent une entreprise citoyenne. C’est le cas des campagnes de lutte contre la cécité entamées par Cinépolis ou du programme « Allons tous à Cinépolis » pour aider des enfants défavorisés ;
Permettez-moi de mentionner que vous vous êtes intéressé aux politiques publiques, notamment celles qui permettent de réduire la pauvreté. Dans ce contexte, il convient de souligner – au moment d’une globalisation parfois féroce – l’importance qu’Alejandro attache à ses racines à Morelia, dans l’Etat du Michoacán, aux racines historiques de sa famille. J’ai toujours en tête des conversations à Tzintzunzan, autour de l’héritage des Purépechas et de son bienfaiteur Tata Vasco, protecteur des indiens et de leurs identités.
Un autre aspect d’Alejandro : sa passion pour le cinéma. Vous avez la chance de diriger une société qui ne vend pas n’importe quel produit : elle diffuse des images, de l’art et des rêves. On ne peut pas faire du bien sans vouloir partager ces rêves. Et vous le faites non seulement avec l’immense réseau de Cinépolis, mais aussi lors de festivals comme celui de Morelia – qui connaît un succès chaque année toujours plus grand – et lors d’une série d’événements que vous soutenez. Mais vous avez aussi procédé à des incursions sur le terrain risqué de la production cinématographique, en finançant plusieurs films. Vous êtes absolument convaincu de la force créatrice du cinéma mexicain, lequel, comme nous pouvons tous le constater, vit en ce moment un nouvel essor.

Enfin, je vais saluer ici l’ami de la France. Dans vos activités, vous avez toujours réservé une place privilégiée à ce qui vient de mon pays. Avec le Festival du Cinéma français, Cinépolis nous offre une plate-forme exceptionnelle pour présenter les dernières nouveautés de la création cinématographique française. Nous venons de le constater ces jours-ci, lorsque le 5ème Festival de cinéma Franco-mexicain se termine avec succès. Les bons chiffres du cinéma français au Mexique (plus de trois millions des spectateurs) sont en grande partie dus à votre appui. Mais au-delà, dans chacun des événements que vous organisez, nous essayons de développer des initiatives conjointes.
Le Festival de Morelia a actuellement des liens privilégiés avec la Semaine de la Critique de Cannes. L’année dernière, une reconnaissance spéciale a été faite au scénariste Jean-Claude Carrière. Cette année le cinéaste Bertrand Tavernier a été un des invités d’honneur.
J’espère simplement que nos chemins continueront de se croiser dans notre passion partagée pour cet art exceptionnel qu’est le cinéma.
Pour toutes ces raisons, Cher Alejandro, j’ai l’honneur de vous faire Chevalier des Arts et des Lettres.

