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Journée Internationale pour la Liberté de la Presse

Intervention d’Alain Juppé, Ministre des Affaires Etrangères, à l’occasion de la Journée Internationale pour la Liberté de la Presse

Paris, le 3 mai 2011

J’ai souhaité partager avec vous aujourd’hui la célébration de la liberté de la presse dans le monde puisque ce 3 mai est la Journée internationale de la liberté de la presse. Je suis très heureux d’être à cette tribune en présence de Jean-François Julliard, le secrétaire général de Reporters sans Frontières.

Je n’ai pas besoin, je pense, de développer longuement l’idée que démocratie et liberté de la presse sont inséparables. Il n’y a pas d’exemple de régime dictatorial qui respecte la liberté de la presse et j’espère qu’il n’y a pas de démocratie qui puisse fonctionner sans liberté de la presse. C’est donc un pilier fondamental des valeurs auxquelles nous croyons et pour lesquelles nous nous battons. L’actualité internationale depuis quelques mois, cette formidable aspiration, des peuples, non seulement des peuples arabes mais plus largement des peuples tout court, à la liberté, à la libre expression, à la démocratie, au respect de la personne humaine, est je crois une raison supplémentaire pour nous inciter à célébrer avec conviction et engagement cette journée internationale.

Les conditions d’exercice du métier de journaliste, puisqu’il n’y a pas de liberté de la presse sans libre exercice du métier de journaliste est pour ce ministère depuis toujours, et aujourd’hui plus que jamais, une priorité dans notre politique de défense des droits de l’Homme. Je voudrais rappeler qu’à l’ONU, c’est à l’initiative de la France que le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité en décembre 2006 la résolution 1738 qui réaffirme la nécessité de prévenir les actes de violence à l’encontre des journalistes. C’est également à l’initiative de la France que la résolution 1973 sur la Libye, condamne je la cite : "les actes de violence et d’intimidation que les autorités libyennes commettent contre les journalistes".

Cet engagement de la France se traduit aussi sur le terrain et pas simplement dans l’adoption de textes, c’est ainsi que le ministère des Affaires étrangères et européennes se mobilise systématiquement en faveur de la sécurité des journalistes. J’en donne quelques exemples : protection et évacuation des journalistes alors qu’ils étaient victimes de violences lors des prémices de la révolution égyptienne, mise en sécurité de l’ensemble de journalistes menacés à l’hôtel Novotel d’Abidjan, libération des 2 journalistes de l’AFP prisonniers des hommes de Kadhafi, rapatriement de Baptiste Dubonnet journaliste blogueur, grièvement blessé à Misrata.

Plus généralement, le respect des libertés de la presse et d’opinion fait l’objet d’un suivi très vigilant du ministère. Il y a quelques jours encore, la France a condamné l’assassinat du journaliste salvadorien Alfredo Hurtado. La France a demandé aux autorités syriennes la libération d’un journaliste algérien Khaled Sid Mohand et je viens de recevoir à l’instant même l’information selon laquelle il a été libéré. Voilà quelques exemples, on pourrait sans doute en donner d’autres. Je sais que les journalistes payent un lourd tribut aux combats qu’ils mènent. 57 journalistes ont été tués et 171 emprisonnés en 2010 ce qui rend plus nécessaire que jamais notre mobilisation. Je voudrais aussi rendre hommage au courage des cyber- journalistes qui, malgré la répression, prennent des risques pour mieux nous informer. La rue de la liberté vous le savez a joué un rôle moteur dans les "printemps arabes", je m’en suis rendu compte lorsque j’ai rencontré certains de ces cyber-journalistes ou en tout cas cyber-acteurs place Tarhir au Caire ou à Tunis.

En cette journée, je voudrais enfin saluer le travail de la Direction de la communication, du porte-parole de notre ministère, qui vous informe, avec un point de presse par jour et un contact permanent 24h sur 24 et 7 jours sur 7 avec les journalistes. Je voudrais rendre hommage à cette mobilisation, à l’ensemble de l’équipe qui est à votre disposition et qui est là pour exprimer bien sûr les positions de la France sur tous les sujets d’actualité.

Je conclurai en vous assurant que partout dans le monde, la France est à vos côtés. Nous avons symboliquement repris aujourd’hui sur le site France Diplomatie le logo de la journée mondiale de la liberté de la presse des Nations unies.

Naturellement, je conclus cette brève intervention en rappelant que l’une nos deux priorités, puisque nous avons des otages au Mali, est la libération de vos deux confrères de France 3 Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquières, enlevés en Afghanistan le 30 décembre 2009, depuis 490 jours. Je mesure l’angoisse et la souffrance de leur famille, de leurs proches, de leurs collègues et comme j’ai eu l’occasion de le dire récemment au Comité de soutien que j’ai reçu, nous ne ménageons pas nos efforts. Nous avons pensé être très près du but au début de cette année, malheureusement les choses se sont compliquées. Nous avons repris nos démarches, nos discussions, nos tractations en gardant confiance en la possibilité de les faire aboutir favorablement. Je ne donnerai pas de délais ni de dates. Vous connaissez là-dessus ma prudence, tout simplement par respect à la fois pour la vérité et pour les familles.

Voilà ce que je souhaitais dire.

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