
Paris, le 22 janvier 2010
Dès la nouvelle du terrible séisme du 12 janvier dernier connue, la France s’est fortement mobilisée sans attendre pour venir en aide aux populations sinistrées et secourir les ressortissants français.
1. Les moyens déployés
A la date du 22 janvier, 806 personnels français sont engagés dans les opérations de secours en Haïti : 246 sauveteurs, 235 personnels de soutien et de commandement, 99 gendarmes, 224 militaires, 10 agents de renfort du ministère des Affaires étrangères et européennes et 9 personnels du SAMU. 210 tonnes de matériel sont actuellement mobilisées sur place.
La réduction du nombre de personnels français sur le terrain s’explique par la réduction progressive des unités de sauvetage-déblaiement. Pour mémoire, les sauveteurs français ont dégagé 15 survivants des décombres.
Cette évolution va se traduire par un effort accru sur les soins à la population et le renforcement logistique.
L’hôpital de campagne (70 personnes, 33 tonnes) est installé depuis le 17 janvier dans l’enceinte du lycée français et a une capacité de 25 interventions chirurgicales lourdes. Il est renforcé par un poste médical avancé (70 personnes, 6 tonnes) qui a admis près de 80 victimes et procédé à 144 évacuations sanitaires vers les Antilles. Au total, 77 médecins, 75 infirmiers et un pharmacien français sont engagés sur le terrain, constituant 50 équipes mobiles. Plus de 4 000 consultations médicales ont été effectuées par ces équipes médicales.
Pour répondre au défi sanitaire de l’approvisionnement des populations sinistrées en eau potable, une station de potabilisation d’eau a été installée et permet de fournir 20 000 personnes par jour.
Trois à cinq avions militaires effectuent des rotations quotidiennes entre Haïti et les Antilles.
Ces rotations ont déjà permis l’acheminement de 100 tonnes de matériel et de vivres de première urgence et assurent l’évacuation des ressortissants évacués vers les Antilles. Les moyens d’assistance français sont également mis à la disposition des ONG dont 43 personnels se trouvent sur place.
Le centre de crise du MAEE a, par ailleurs, dépêché sur place une équipe de six spécialistes des questions consulaires et humanitaires. A Paris, les 50 agents du centre de crise restent pleinement mobilisés pour coordonner l’effort français. Depuis le début de la crise, une "cellule adoption" a été mise en place au sein du centre de crise et mobilise 7 agents du service de l’adoption internationale. Au sein de la "cellule de réponse téléphonique", ce sont près de 150 agents volontaires qui se sont relayés depuis le 12 janvier pour traiter les quelque 1 5000 appels reçus à ce jour.
2. Les efforts se poursuivent
Un nouvel échelon de la sécurité civile de 95 personnes est arrivé à Fort-de-France et attend son déploiement sur Haïti. Le transport de chalands de débarquement "Siroco" arrivera le 24 janvier avec des hélicoptères, des équipes médicales et 800 tonnes de matériel.
Quatre avions affrétés par le MAEE arriveront prochainement à Port-au-Prince avec 20 tonnes de matériel et 20 tonnes de fret humanitaire.
3. La communauté française
Depuis le 13 janvier, les rotations aériennes ont permis d’évacuer 1 541 personnes, dont 859 ressortissants français et 599 Haïtiens. 22 décès de Français ont malheureusement été confirmés tandis que nous restons toujours sans nouvelles de 11 de nos compatriotes.
4. La réponse européenne
Le Conseil de l’UE a annoncé, lors de sa réunion du 18 janvier, une mobilisation financière en trois temps :
aide humanitaire de court terme de 122 millions d’euros (30 millions au titre d’ECHO et 92 millions des Etats-membres). La France a annoncé une participation de 14 millions d’euros, dont 10 millions en réponse à l’appel de l’ONU et 2 millions au titre de l’aide alimentaire d’urgence.
réhabilitation à moyen terme : 100 millions d’euros ont été annoncés par la Commission européenne (40 millions d’aide budgétaire, 40 millions pour la réhabilitation des infrastructures essentielles et 20 millions au titre de l’instrument de stabilité.
reconstruction à long terme : 200 millions d’euros ont été annoncés par la Commission européenne.
5. La sécurité
Pour répondre à la demande de soutien en matière de sécurité en Haïti des Nations unies, la France est favorable à ce que l’Union européenne mette rapidement en place une unité européenne de police/gendarmerie au service de la MINUSTAH pour une durée de six mois.
La France est disposée à y contribuer pour cette durée jusqu’à hauteur de 100 gendarmes afin de lui apporter le renfort temporaire que les Nations unies attendent.
Le Conseil des Affaires étrangères du 25 janvier doit nous permettre, sous l’autorité de Mme Ashton, de prendre une décision collective en ce sens.
Cette contribution concrète dans le domaine de la sécurité viendra compléter l’assistance européenne massive et rapide mise en place pour venir en aide à la population d’Haïti.
