L’Ambassade de France au Mexique et Sciences-Po saluent le rôle d’hôte du Mexique dans la XVI Conférence des Parties (COP 16) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CMNUCC) qui se tiendra à Cancun du 29 novembre au 10 décembre 2010.
L’Ambassade de France à Mexico a appuyé Sciences-Po pour la venue de au Mexique de Laurence Tubiana, directrice de l’Institut pour le Développement Durable et les Relations Internationales (IDDRI). Pendant son séjour, elle a donné un cycle de conférences au Collège de Mexico, à l’Université Autonome Métropolitaine et au Conseil Mexicain d’Affaires Internationales (COMEXI), et a participé à des réunions de travail avec de hauts fonctionnaires du Ministère des Affaires Etrangères mexicaines, la Semarnat et l’Institut National d’Ecologie.

Laurence Tubiana a ouvert sa conférence “Changement Climatique : les défis de la COP 16. Que peut attendre de Cancún ? », du 18 novembre au Colegio de México, par une analyse des enjeux des négociations de Copenhague et des objectifs atteints : réduction des gaz à effet de serre, protection des forêts, reconnaissance des marchés de charbon et aide financière. « Un des aspects positifs a été la participation des pays non développés ou en voie de développement à l’heure de fixer les objectifs, », a expliqué Laurence Tubiana. Cependant, « les objectifs fixés en matière de réduction de gaz à effet de serre, de distribution des efforts à fournir et d’obéissance aux accords n’ont pas été suffisamment ambitieux ».

« Dans les négociations, le cœur du problème réside dans la tension entre une coordination internationale plus importante et une souveraineté dont les Etats sont jaloux, qui s’est manifestée lors des discussions : savoir s’il devait y avoir un marché global du charbon ou non, ou encore s’il était possible de mettre en place des mécanismes pour une plus grande vigilance internationale », a ajouté Laurence Tubiana.
« Copenhague a été un échec puisque l’objectif de fixer des critères quantitatifs par rapport à la réduction des gaz à effet de serre n’a pas été atteint et qu’il n’y a pas eu une ambiance de négociation propice à un processus politique de grande portée », a conclu Laurence Tubiana.

Enfin, Mme Tubiana a proposé d’examiner quelques variantes qui pourraient être favorables à un meilleur déroulement des négociations, comme, par exemple, avoir recours à des modalités différentes de négociation (accords entre groupes plus réduits, entre moins de pays au lieu des accords plus généraux) et à différents formats de construction de consensus (processus incluant la société civile, prédominance de critères techniques au lieu des critères politiques). Selon Laurence Tubiana, le chemin à suivre serait « la reconstruction d’un processus, basé sur la confiance et la crédibilité d’un nouveau paradigme d’une économie mondiale basse en dioxyde de carbone ».
