Grande rétrospective de l’œuvre du cinéaste français avec une sélection de 25 films.
Du 4 au 30 janvier 2011
Pour rendre hommage et se souvenir de ce réalisateur récemment décédé, l’Ambassade de France au Mexique et la Cineteca Nacional ont uni leurs efforts et ont amené au Mexique le meilleur de l’œuvre de Claude Chabrol qui a légué à l’histoire du cinéma pas moins de 72 films, dont certains considérés parmi les meilleurs du cinéma français.
Biographie
Né en 1930, un jeune cinéphile, Claude Chabrol, a émigré avec sa famille en province française lorsque les Nazis ont envahi Paris. L’occupation finie, Chabrol est revenu dans sa ville natale pour fréquenter les ciné-clubs et entamer de longues discussions avec d’autres cinéphiles, parmi lesquels, Jean-Luc Godard, François Truffaut et Eric Rohmer. De ces rencontres et de l’appui du critique André Bazin, est née la meilleure revue critique cinématographique au monde, Les Cahiers du Cinéma, en 1951.
Abandonnant complètement sa carrière pharmaceutique, Chabrol s’est plongé dans la critique cinématographique. Obtenant des revenus en tant que publiciste pour la 20th Century Fox à Paris, Chabrol était un des critiques les plus fidèles des Cahiers du Cinéma et il réussit à interviewer des personnalités du cinéma tel Alfred Hitchcock. Grâce à son mariage avec une jeune héritière fortunée, Chabrol a eu suffisamment de ressources pour produire son « opera prima », Le beau Serge (1958). Histoire de la rencontre entre deux amis, marquée par la mélancolie et la déception, située en province et mis en scène par des acteurs inconnus. Ce premier long métrage de Chabrol a inauguré la Nouvelle Vague française, mouvement cinématographique lancé par le monde cinéphile, qui voulait promouvoir le cinéma d’auteur, et qui lega à l’histoire du cinéma des films aussi importants que A bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1959) et Les quatre-cents coups (François Truffaut, 1959).
Mais si pour Truffaut le cinéma est comme un journal intime, Chabrol conçoit le cinéma comme un outil pour dénoncer l’hypocrisie de la haute bourgeoisie rurale française, qui sous une apparence d’élégance et d’amitié, cache des êtres inhumains capables des pires bassesses. Le portait qu’il en fait est chargé d’ironie, de perversion et d’un humour noir qui le rend attrayant.
Deux grands cinéastes ont influencé son œuvre. D’une part, Fritz Lang, de qui Chabrol a hérité le goût pour la création d’atmosphères oppressives et la sagesse du moment idéal. D’autre part, Alfred Hitchcock, peut-être son cinéaste le plus admiré, à qui Chabrol doit tant de son ironie que de son goût pour le thriller, genre dans lequel il a réussi à être l’un des plus célèbres réalisateurs.
Cependant, avant tout, Chabrol était un entomologiste audacieux des émotions humaines. De ces impulsions qui amènent à détruire l’innocence chez autrui, comme dans Les cousins, il a montré la possession de l’autre, déguisée en désir, comme force destructrice dans Les biches ou encore L’enfer. Il était convaincu que tous nous portions en nous un criminel en puissance, Le boucher. Il se moquait du bon suivant des inspecteurs de police de moral douteuse poursuivant d’élégantes criminelles. Il a fait sien Madame Bovary, jouée par Isabelle Huppert, pour dénoncer l’ennui mortel de la bourgeoisie rurale. Dans le cinéma de Chabrol, personne n’est ce qu’il semble être : même une raffinée chocolatière est capable de songer à tuer par amour dans Merci pour le chocolat. Paraphrasant le titre de son 50 éme film, Rien ne va plus, le réalisateur Claude Chabrol est mort à Paris le 12 septembre 2010, peu après avoir fêté ses 80 ans.

Calendrier du cycle
Lieu
Cineteca Nacional
Tel. (55) 4155 1200
Av. méxico Coyoacán n°389,
Col. Xoco, Del. Benito Juárez
México D.F. C.P. 03330
www.cinetecanacional.net
