L’équipe d’archéologues français qui a mené les recherches du site Rio Bec a procédé à la remise officielle du site aux autorités locales de la communauté Veinte de Noviembre (Campeche) le 16 mai dernier, mettant fin à 8 ans de fouilles réalisées au cours de 10 campagnes de terrain.

Lors de la cérémonie, qui a remarquablement synthétisé les trois grandes composantes du projet Rio Bec—scientifique, patrimoniale et communautaire—, les co-responsables du projet, M. Dominique Michelet et Mme Charlotte Arnauld, ont également présenté la Maison Rio Bec, qui a été inaugurée par le Gouverneur de l’Etat de Campeche, M. Fernando Ortega Bernés.

La Maison Rio Bec contient les 52 pierres sculptées conservées de la corniche de l’édifice A (5N2) de Rio Bec et 20 panneaux exposant l’histoire du projet et ses résultats. Le bâtiment, aux murs maçonnés et toit de tuiles, a été construit entre mars et mai 2010 sous la direction du Projet Rio Bec et grâce au financement d’EFM, du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, du Gouvernement de l’Etat du Campeche, et du CNRS.

Après l’inauguration de la Maison, une visite du site a été proposée au Gouverneur, qui était accompagné de M. Carlos Vidal, Secrétaire de la Culture de l’Etat du Campeche, M. Antonio Benavides Castillo, représentant de l’INAH-Campeche, M. Bertrand de Hartingh, Conseiller à la Coopération et à l’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Mexique, Mme Sophie de Beaune, Directrice adjointe scientifique de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales Archéologie et Histoire Ancienne et Médiévale du CNRS, Mme Delphine Mercier, Directrice du CEMCA, M. Michel Bichot représentant de l’association Entreprises Françaises au Mexique (EFM) et des autorités de la municipalité de Calakmul et de la communauté Veinte de Noviembre.
Bien plus qu’un site, Rio Bec est aussi une province culturelle maya au cœur de la péninsule du Yucatan (Mexique), qui s’illustre par un style architectural et iconographique qui lui est propre. L’habitat y est dispersé, dénué de centre nucléé, mais le paysage apparaît nettement aménagé.
Les travaux de terrain (2002-2008) ont d’abord eu pour objectif de mieux appréhender les fondements de l’originalité du site (style et habitat, organisation sociale et politique), ainsi que de préciser les bases économiques de l’apogée de Rio Bec, qui n’a duré que de 600 à 900 après J.-C. Grâce à une étude multiscalaire associant différentes méthodes d’analyses et de collectes des données, il est aujourd’hui possible de reconstituer dans les grandes lignes l’histoire et le fonctionnement de cet établissement maya, rural plus qu’urbain.
